mercredi 14 mars

Des puces au savoir-vivre il n’y a qu’un saut

Perchée sur ma bécane noire, j’attends que le feu passe au vert (un petit Ampelmann très populaire dans tout Berlin). Un autre vélo arrive derrière moi ; un homme bedonnant, dont la météo clémente lui a fait dégainer le kit « il fait beau » : short et Birckenstock avec chaussettes blanches de sport.

Les chiens n’existent pas à Paris. Mais Berlin, pour eux, c’est un paradis.

Son vélo n’a rien d’original (sauf pour moi) : à l’arrière est accrochée une petite maison sur roulette, normalement conçue pour y asseoir un enfant. D’un coup d’œil, je regarde à l’intérieur. Je vois un petit matelas pour chien, et pas de chien. Regard interrogateur vers le maître… Réponse quelques mètres plus loin ; un chien, plutôt un cochon d’Inde, arrive en courant et jappe comme un fou. La souris vient de se faire grignoter la patte par un gros berger local (allemand). Résultat, je rigole en regardant côté voitures pour ne pas offenser le digne maître. Cette attention semble complètement désuette puisque deux hommes sur le trottoir, sosies des membres du groupe de Metallica, habillés en cuir de haut en bas, cheveux longs poivre et sel et la peau ravagée, ont eux aussi vu la scène et font des commentaires d’un air plutôt amusé: « Hé l’ami, planque ton animal dans sa maisonnette, il se défendra pas tout seul contre le monstre derrière !» Le maître se marre. Ouf. Je constate que la population de Berlin est multiple, c’est une chose, mais qu’elle cohabite à merveille. Punk, populo, cuir- men… ça fonctionne.

L’Autre… un mystère ?

Ce même jour, dimanche dernier donc, en vogue (sur ma bécane) sur la butte du quartier si bien nommé de Prenzlauer Berg, je longe la tant aimée Eberswalderstrasse, et tombe sur un terre plein vide. Mais jamais pour longtemps, comme une sorte de terrain vague du « Petit Nicolas » toujours occupé par des jeunes footballeurs collectionneurs d’images Panini le soir après l’école.

Sauf que là il est 16h. Le temps est digne d’un début de soirée en plein juillet. Le ciel est bleu pâlot, les avions laissent des traces, toujours bon signe selon mon propre baromètre de fille de la campagne… Cela dit, il doit exister une loi qui doit lier ces rayures célestes avec la météo terrestre. Passons. J’entends de la musique au loin. Seules les basses résonnent. Je décide de m’arrêter pour voir ce qui se passe. Une foule regroupée en un point au centre de l’immense terrain me dit qu’il s’y passe quelque chose de plutôt alléchant. Une fois avoir accroché mon vélo (geste inutile, ici on ne vole pas. Mais les séquelles d’expériences françaises me rendent méfiante), je traverse le terrain d’herbe. De part et d’autres des gens sont assis, ils ont amené leur progéniture, leur chien… Ou bien ce sont des originaux fagotés bizarrement (pour la France) qui prennent le soleil. Une fois la foule atteinte, je me faufile (… toujours pareil) jusqu’au centre pour voir de quoi il en retourne. Un groupe de quatre garçons, 27 ans peut être, donnent un mini- concert. Un batteur, un chanteur, un guitariste et un bassiste. La musique est splendide. Rarement je trouve mon compte sur des lieux improvisés comme celui là, mais je dois admettre : ils sont bons ces petits musiciens allemands. Là aussi, pendant que défilent les chansons, mon regard brasse à 180° la foule de spectateurs. Tous les genres sont confondus, tous sont là pour la même chose et tous réagissent aux élocutions du chanteur entre chaque chanson. Non, vraiment, je suis amusée. Je laisse avec plaisir le regard toujours critique typiquement français, pour constater la bonne composition d’une foule aussi hétérogène soit-elle.
Niveau savoir-vivre, nous avons des choses à apprendre…

 A tantôt.

PS : nulle part je n’ai dit que les punk avaient des puces.

Posté par sabine31 à 10:47 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Des puces au savoir-vivre il n’y a qu’un saut

    HA ! les Cultures !!!

    interessant..interessant ce dimanche ordinaire d'un brave toutou allemand... chez nous, pour un toutou roumensois ce serait + tôt type bain sur le plateau de "la Lande", dans une eau turquoise d'une formidable piscine formée par les trous d'éoliennes et les résurgences d'eau ; le tout sous une température estivale!
    Même, si ça continue les maîtres nous y rejoindront (histoire d'échanger nos puces... nous!)

    HA ! les cultures !!!!

    Posté par Paille, jeudi 15 mars à 08:27 | | Répondre
  • moi aussi

    le ciel bleu pâlot et la musique dans la ville me font penser à la place de la Daurade à Toulouse. Il y a vraiment des jeunes qui ont un talent pour la musique là-bas. C'est un vrai régal de les écouter en regardant La Garonne scintiller...
    Aaaa Toulouse...

    Posté par takeo, jeudi 15 mars à 22:04 | | Répondre
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