jeudi 21 juin

C'est arrivé près de chez moi

Après un long silence (j'ai pas toujours des trucs à dire), je reviens à la charge. La haine en plus. Non un peu moins, mais pas loin... Voyez plutôt.

Une bulle, la mienne, mon casque Sony sur les oreilles, une création de Wax Tailor dont le rythme me fait avancer toute seule… Cette route, je la connais sur le bout des doigts, jusqu’au moindre cul de poule, elle n’a plus de secret, c’est un grand axe, celui qui traverse tout Wedding pour arriver dans le centre, et que j’emprunte obligatoirement, notamment pour aller en stage.

Cette fois c’est dans le sens inverse pour rentrer chez moi. Un carrefour, j’attends que l’Ampelmann vert s’allume et j’appuis sur ma pédale pour reprendre de l’élan. Je sens presque mon mollet qui en redemande… La vitesse s’installe, ça y est je pédale comme dans du beurre. Le vent tiède se faufile dans ma tignasse lionnesque… la totale, un petit bonheur comme j’en vis tous les jours grâce à ma bécane. La circulation est bien fluide, il y a beaucoup de voitures mais ça avance. Ca se gâte quand je longe une ligne de taxi en attente de clients… Effectivement, d’un coup digne d’un tour de David Copperfield,  sur ma droite un des chauffeurs ouvre sa portière sans regarder dans son rétroviseur. BLANG !!!! Je crois rentrer à la place du conducteur et suis ensuite projetée sur le bitume. Un crissement de pneus me provoque une vague de violents frissons, la voiture qui me suivait a eu un réflexe monstre. La passagère sort, sonde la situation. Oui tout va bien, mon ordinateur est juste tombé. Complètement choquée - j’en oublie de la remercier pour le réflexe de son conducteur-, encore étalée, le vélo sur moi, je tends mon bras tremblant le plus loin possible pour attraper ma sacoche. Première frayeur : est-ce que mon ordi marche encore ? Deuxième frayeur : non. Je m’assis en tailleur et j’éclate en sanglot comme une gamine à qui on aurait tué volontairement son lapin nain, ou alors un fakir qui aurait perdu tout d’un coup son sang froid. Au moment où je lève la tête, mes yeux me servent de mitraillette pour désintégrer le chauffeur de taxi, tout confus de son énorme erreur d’inattention. « Oh Mensch, Mensch… !! » Oui Mensch, en attendant t’as peut être pété un bijou. Y a tout là dedans, notamment mon travail et (à mon échelle) ça vaut une fortune. Je m’acharne sur le bouton POWER de la machine, mais toujours rien. La peur se transforme en colère et le chauffeur en fait les frais. En allemand s’il vous plait. Instinctivement, je n’ai encore aucune idée du pourquoi, je sors les gros mots les plus appropriés que mon coloc m’apprends avec passion, et j’explique que non, j’ai pas mal là où ça saigne, mais que je vais être très énervée si mon ordi continu de ne pas me répondre à cause d’un petit chauffeur qui connaît mal son métier.
Bref j’en ai profité pour me faire ramener chez moi gratis, le minimum syndical, et je suis passée me faire administrer des choses qu’on donne aux enfants qui tombent de leur première chute de skate-board à cause du virage mal anticipé cumulé au caillou. Ca pu l’arnica, mais ça soigne.

La prochaine fois que je serai amenée à longer une de ces lignes de bagnoles  jaunasses, je me préconise le trottoir illégal, quitte, tant pis, à rencontrer un gardien vert bouteille de la sécurité dont l’humeur et la délicatesse resteront à désirer. Ou alors… j’hèlerai un taxi.

 

A tantôt.

Posté par sabine31 à 01:18 - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur C'est arrivé près de chez moi

    aïe aïe aïe

    ah les taximans à Berlin, soit ils allument pas leur compteur, soit ils ouvrent leur portière inopinément !
    C'est fort navrant pour l'ordi, ça aurait pu être pire pour toi... sachant à quel train tu te déplaces :-p

    Je me demande dans le cas d'un dommage sur un bien matériel avec le mec en tort si sa responsabilité civile aurait pas pu jouer.

    Tes données si chères, quitte à jouer le rôle de l'informaticien grognon, elles sont censées être archivées régulièrement, sur CD/DVD par exemple, ou encore sauvegardées sur un disque dur secondaire, site internet etc...

    La fin justifie les moyens comme on dit

    ++

    Posté par Mathieu, mardi 26 juin à 19:29 | | Répondre
  • Ah bon?

    Sans doute que oui pour ma responsabilité civile, j'y ai pensé. Par contre je ne savais pas qu'on pouvait s'emm... à enregistrer des données, mais ça veut dire qu'il faut prendre un support ré-enregistrable sinon c'est le bronx dans les archives, non?

    PS: le coup du compteur, je l'ai encore en travers du gosier, n'empêche... Ca donne envie de pas avoir d'accent.

    Posté par sab, mardi 03 juillet à 19:41 | | Répondre
  • Ouaip. Qui l'eût crû ?

    > Par contre je ne savais pas qu'on pouvait s'emm...
    > à enregistrer des données

    pas quand c'est automatique

    > ça veut dire qu'il faut prendre un support
    > ré-enregistrable sinon c'est le bronx dans les
    > archives, non?

    C'est pas vraiment "le bronx" qui est censé être
    décisif sur le choix du support, mais plutôt ce
    que tu comptes faire de tes données.

    Les trucs important que tu veux conserver le plus
    longtemps possible, c'est peut-être pas très judicieux de le mettre sur du réinscriptible.
    Certes ça prends plus de place du coup.

    Posté par mathieu, vendredi 13 juillet à 21:04 | | Répondre
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