mardi 10 juillet

On pleure au 20h?

"Le 20h est toujours teinté d'un misérabilisme énervant...", une formule de Philippe Meyer, chroniqueur de France Inter, à propos du journal télévisé de 20h. Ce que je prenais pour une évidence, en effet je partage plutôt ce propos, est devenue une question: " Est-ce qu'il s'agit vraiment de misérabilisme?"

En plein milieu du bouquin "Aimer c'est agir" (titre un peu cul, mais qui a le mérite d'être emprunté à Victor Hugo), son auteur, Patrick Poivre d'Arvor, décrit quelques unes des pires situations de reportages qu'il a pu vivre. Une étendue de semis-cadavres affamés en Ouganda, des italiens du nord écrasés par les décombres de leurs propres maisons quasi rasées par un tremblement de terre dans un village en montagne, etc... A chaque fois, même si la tentation est grande pour l'équipe d'agir uniquement en tant que journalistes ("faut ramener des bonnes images et en faire un super reportage"), ce sont des sentiments humains qui laissent une emprunte évidente au résultat final. D'où le reproche -jugée acide dans ce livre- de Philippe Meyer.

Alors, misérabilisme ou pas, la question est toujours ouverte. Evidemment, on ne peut pas reprocher à des journalistes d'être émus par telle ou telle situation alarmante. C'est même plutôt bon signe, le journalisme est un métier on ne peut plus humain! Seulement, ce qui pourrait "teinter le 20h d'un misérabilisme ambiant énervant" est sans doute le ton "accablé" utilisé lors du commentaire. Souvent il me semble que la violence des images -croissante puisque nous vivons une époque moderne...- parle déjà.

A tantôt.

Posté par sabine31 à 15:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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